C’est notre passion pour l’Art, le design, l’architecture, et particulièrement l’architecture médiévale qui a motivé notre volonté de vous présenter le remarquable travail d’orfèvre des bâtisseurs qui se sont succédé sur l’édification de Notre-Dame de Paris, à commencer par son plus grand restaurateur : Eugène Viollet-le-Duc.

Sommaire de l’article

Eugène Viollet-le-Duc

Portrait Viollet-le-Duc par Nadar

Portrait de Eugène Viollet-le-Duc, par Félix Nadar.

Eugène Viollet-le-Duc est l’un des architectes français les plus célèbres du XIXe siècle, connu auprès du grand public pour ses remarquables restaurations de constructions médiévales, édifices religieux et châteaux (dont le mont Saint-Michel, les cathédrales de Paris et de Clermont-Ferrand, la cité de Carcassonne ou le château de Pierrefonds).

Critiquée — souvent injustement — pour sa volonté de ne jamais inscrire ses restaurations dans le style d’une époque définie, son œuvre a pourtant inspiré de nombreux artistes et de grands courants artistiques. Avec cinquante ans d’avance, ses décors de lambris sculptés et de peintures annonçaient déjà l’Art nouveau, par le foisonnement des motifs floraux et la vivacité des nuances.

Mais pour mieux comprendre son travail, la connaissance de son œuvre encyclopédique est indispensable. Nous espérons que cet article pourra y contribuer.

À la découverte du passé romantique du Moyen-Âge

C’est en 1845 que Viollet-le-Duc obtient, à la suite d’un concours, la restauration de Notre-Dame de Paris, en collaboration avec un second spécialiste de l’architecture moyenâgeuse, Jean-Baptiste-Antoine Lassus.

La cathédrale a subi le vandalisme révolutionnaire. Viollet-le-Duc y incorpore des éléments et des motifs nouveaux, reconstituant toute l’ornementation sculpturale détruite. C’est un sommet de sa carrière, mais il ne va pas s’arrêter là puisqu’en 1846, il devient l’architecte de la basilique Saint-Denis. Les grands travaux commencent alors, portés notamment par Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques.

Construction de Notre-Dame - 1208

Un architecte passionné et engagé

Ce qui est prodigieusement remarquable dans l’œuvre de Viollet-le-Duc, c’est le recensement d’édifices aujourd’hui disparus. Dans son Encyclopédie médiévale, l’architecte nous présente une anthologie de monuments médiévaux français, au travers de 10 tomes de 1 000 pages chacun, illustrés de plus de 4 500 gravures sur bois !

Eugène Viollet-le-Duc était un merveilleux dessinateur, au trait précis et épuré, tout à fait dans le style romantique d’Ingres. Et c’est lui qui dessinait tout. Un xylographe (graveur sur bois) se chargeant ensuite de réaliser le « cliché » pour le tirage.

Mais au-delà de l’énorme travail de dessin, son encyclopédie est un ouvrage engagé, dans lequel l’auteur se bat avec passion pour redonner toute sa noblesse à cette époque oubliée et méconnue. Car les édifices religieux furent le cœur des cités médiévales. Or on a souvent dépeint, à tort, le Moyen-Âge comme une époque obscurantiste, gothique et barbare. Il n’en fut rien et la majesté des monuments de cette époque démontre que leurs bâtisseurs étaient de grands artistes, doués d’un savoir unique et jamais égalé depuis.

Ferme diagonale de la flèche de Notre-Dame de Paris
Système de souche, flèche de Notre-Dame
La flèche de la cathédrale Notre-Dame à Paris
Coupe de deux travées extérieures
Façade St Michel Notre-Dame
combles charpente Notre-Dame

Comprendre la complexité de l’Art médiéval

Eugène Viollet-le-Duc montre constamment et avec beaucoup de justesse que c’est au Moyen-Âge que s’épanouit l’architecture la plus authentique, la plus naturelle et la plus enracinée que la France ait connue. Et il ne ménage pas ses critiques à l’égard de l’architecture et l’urbanisme contemporain, moderne, symétrique, froid, aux pièces mal distribuées, immenses et sans proportion avec la nature humaine. Au contraire, il nous présente une architecture pleine de grâce et de fantaisie où tous les moindres éléments devenaient objets de décoration.

C’est le Moyen-Âge des contes de Grimm, féerique et romantique. Celui-là même qui inspira d’innombrables écrivains, français et étrangers, et Victor Hugo lorsqu’il chantait les louanges de ce majestueux édifice dans Notre-Dame de Paris, paru en 1832.

Un héritage architectural inestimable

Toutes les représentations précises et les reconstitutions fidèles de la civilisation médiévale sont dues au travail énorme et à l’érudition de Viollet-le-Duc. Il faut donc rendre un juste hommage au grand maître de cette époque, dont l’œuvre monumentale n’a jamais été égalée ni remplacée, même de très loin.

Ce que nous montre Viollet-le-Duc n’est pas uniquement une époque intéressante par ce qu’elle a été, mais par ce qu’elle peut nous apporter pour notre avenir. Nous ne devrons point l’oublier lorsque viendra le temps de reconstruire Notre-Dame.

Vue de Paris gargouilles Notre-Dame
La Stryge de Notre-Dame Auguste Lepère

Notre-Dame : tout un poème de pierre

Histoire de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Avant Notre-Dame

Bien qu’il soit difficile d’en retrouver mentions, l’histoire populaire rapporte qu’aux premiers siècles de notre ère, la tribu des Parisii (qui donnèrent leur nom à la ville de Paris) se réunissait dans un temple voué à la déesse Isis. Ce lieu de culte mystérieux se situait vraisemblablement à l’emplacement de l’actuel édifice.

D’après Fulcanelli, « Jadis, les chambres souterraines des temples servaient de demeure aux statues d’Isis, lesquelles devinrent, lors de l’introduction du christianisme en Gaule, ces Vierges noires que le peuple, de nos jours, entoure d’une vénération toute particulière. »

La naissance de la cathédrale

En 860, la cathédrale se composait de deux lieux de culte, l’un dédié à Saint Étienne, le second à Sainte Marie. En 1168, Maurice de Sully, alors évêque de Paris, résolut de réunir les deux édifices primitifs en un seul. Et il fit commencer les travaux de la cathédrale que l’on peut voir aujourd’hui, sous l’unique vocable de Sainte Marie.

La cathédrale de Paris est la première qui fut bâtie sur un plan vaste destiné à donner satisfaction aux tendances à la fois politiques et religieuses de la fin du XIIe siècle.

Odon de Sully continue l’œuvre de son prédécesseur jusqu’à sa mort en 1208, faisant démolir Saint Étienne qui gênait les travaux. Les tours ne seront élevées que vers 1235, fort rapidement et dans un style très différent de celui de la façade. En effet, la tradition de la construction romane, abandonnée à la fin du XIIe siècle, laisse place à une architecture remarquable dite « ogivale ».

Au fil des époques, de nombreuses modifications vinrent altérer son caractère simple et grandiose, pour devenir ce trésor architectural que nous connaissons tous aujourd’hui.

Gargouilles des chapelles du chœur
gargouille cathédrale Clermont-Ferrand
Gargouille de la cathédrale

L’incendie de 1240

L’étude architecturale permet d’affirmer qu’aux environs de 1240, un incendie, dont l’histoire ne fait nulle mention, mais dont les traces étaient visibles sur le monument lorsque Viollet-le-Duc en entreprit la restauration, détruisit intégralement les charpentes supérieures et les combles de la cathédrale… 800 ans plus tard, le 15 avril 2019, le même scénario se produit, faisant chuter la merveilleuse flèche de bois qui culminait à 93 mètres.

Une architecture spectaculaire et colorée

Jusqu’à la fin du XIIe siècle, les cathédrales n’avaient pas de dimensions extraordinaires. La cathédrale de Paris est une première dans l’histoire des bâtisseurs. La surface couverte de l’église de Notre-Dame de Paris est de 4 370 mètres carrés. Au sol on pouvait y accueillir environ 7 500 fidèles. Mais ce n’était pas assez de cette vaste surface, puisqu’une large galerie fait le tour de l’église au-dessus du collatéral intérieur et l’on peut y contenir 1 500 personnes de plus !

Il faut imaginer aussi que la cathédrale, comme tous les lieux de culte du Moyen-Âge, était entièrement peinte, aussi bien sur les façades extérieures que sur les murs intérieurs. Les édifices religieux étaient alors de véritables livres d’images, éclatants de couleurs vives et criardes. Les mentalités modernes romantiques et néo-classiques eurent raison de ces fresques majestueuses, préférant à la couleur la noblesse hiératique de la pierre brute. En France, seule l’Abbaye de Saint-Savin (Poitou) a perpétué cette tradition jusqu’à nos jours.

Stryge de la Cathédrale Notre-Dame

Notre-Dame, objet d’émerveillement et d’étonnement

Si l’on peut s’étonner d’une chose, c’est que dans un court espace de temps, on ait pu trouver plus que des apprentis et des manœuvres, mais des milliers d’artistes exceptionnels, dont le talent d’exécution est pour nous, aujourd’hui, un sujet de grande admiration.

On peut espérer que les travaux prochains de restauration feront aussi appel au savoir-faire de maîtres d’ouvrages talentueux, tels que les Compagnons du devoir par exemple, et qu’on abandonnera cette idée saugrenue, soutenue par quelques architectes et politiques hyperboliques, de dénaturer ce lieu magique en le « modernisant. »

La Cité des Femmes - Christine de Pizan

Les Mères des Compagnons, invisibles bâtisseuses de Notre-Dame

Des femmes de Notre-Dame de Paris, on ne connaît que Marie, sainte pour qui l’édifice fut édifié, ou la belle Esméralda du roman éponyme de Victor Hugo. Pourtant, l’incendie de Notre-Dame de Paris a réduit en fumée les milliers d’heures de travail des artistes et des ouvriers, mais aussi celui des femmes et des artisanes. Car la main-d’œuvre féminine était aussi un rouage essentiel sur les grands chantiers du Moyen-Âge.

Celles que l’on appelait « Mères », ou « Dames hôtesses » s’occupaient de l’administration, et veillaient au bon ordre de la cohabitation entre les compagnons, notamment pour les plus jeunes. Jouissant d’une grande respectabilité, elles organisaient le séjour des travailleurs dans la capitale, transmettant aux ouvriers itinérants les valeurs du compagnonnage. Personnages centraux, elles accueillaient les voyageurs, les nourrissaient et les soignaient. Comme en témoigne l’illustration ci-dessus, parue dans le le livre « La Cité des Femmes » de Christine de Pizan (vers 1405).

Gâble du portail central Notre-Dame de Paris
Porte de la Vierge à Notre-Dame de Paris
Gâble du portail méridionnal Notre-Dame de Paris

Une création à la mémoire de Notre-Dame

In Memoriam Notre-Dame

Nul besoin d’être d’une quelconque confession religieuse pour parler d’édifice religieux ni pour souhaiter rendre un hommage à l’œuvre médiévale et à la beauté intemporelle de ce chef-d’œuvre qu’est la cathédrale Notre-Dame de Paris. En tant qu’amoureux des Arts, l’incendie de la cathédrale nous a beaucoup ému. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de réaliser ce motif pour T-shirt, dont le thème principal est, cela va de soi, la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Notre engagement…

…Et aussi le vôtre !

La Boutique du T-shirt s’engage à ce que les dividendes perçus par la vente de cette création soient intégralement reversées à la Fondation Notre-Dame, garante de la sauvegarde et de la pérennité de ce splendide monument.

En achetant ce beau T-shirt, vous participez également (et de façon réjouissante) à la reconstruction de Notre-Dame de Paris !

Je participe !
T-shirt In Memoriam Notre-Dame

Félix Nadar (1820 — 1910), Portrait de Eugène Viollet-le-Duc
Photoglyptie, Collection musée d’Art moderne et contemporain, Strasbourg.

Eugène Viollet-le-Duc, Trois élévations et plans de la flèche de Notre-Dame de Paris, 1866
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Édition BANCE/MOREL de 1854 à 1868.

Eugène Viollet-le-Duc, Vue perspective d’une travée, détail des combles
Encyclopédie médiévale, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 276.

Eugène Viollet-le-Duc, Gâble du portail méridional
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 500.

Eugène Viollet-le-Duc, Gâble du portail central, le couronnement de la Vierge, Notre-Dame de Paris
Encyclopédie médiévale, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 501.

Eugène Viollet-le-Duc, Porte de la Vierge, Notre-Dame de Paris
Encyclopédie médiévale, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 700, fig. 68.

Eugène Viollet-le-Duc, Gargouilles des chapelles du chœur, Notre-Dame de Paris
Encyclopédie médiévale, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 503.

Eugène Viollet-le-Duc, Gargouille dite « de Saint Christophe », cathédrale de Clermont-Ferrand (XIIIe siècle)
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 506.

Eugène Viollet-le-Duc, Coupe de deux travées extérieures, cathédrale Notre-Dame
Encyclopédie médiévale, Éd. de juillet 2001, Tome I : Architecture, p. 192.

Auguste Lepère (1849-1918), La Stryge de Notre-Dame, 1890
Gravure sur bois, tiré du Harper’s Magazine, octobre 1892, p. 727.
Collection du Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa.

Auguste Lepère, Vue de Paris, des gargouilles de Notre-Dame
Peinture à l’huile sur toile.

K.R Gargouilles de Notre-Dame, 2015
Photographie, D.G.

K.R, Façade de la cathédrale Notre-Dame, 2015
Photographie, D.G.

Nous espérons que cet article vous aura permis d’en apprendre davantage au sujet de l’histoire étonnante de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Si vous souhaitez réagir, poser une question ou apporter votre contribution : merci de nous laisser un commentaire. Nous attendons vos remarques avec impatience ;-)